Le démontagnage des brebis.

Rajoutez une ambiance de démontagnage en cliquant ci-dessous.

Hé bien, nous voilà de retour à la montagne de l'Aup. Et ce n'est que pur bonheur, car ce vallon est un régal!

Nous allons vivre les plus pénibles des journées de travail pour Jean, René, Colette et leur famille. Il s'agit pour eux de rassembler la totalité d'un troupeau dispersé un peu partout dans la montagne de l'Aup, le compter pour évaluer les pertes, traiter les bêtes blessées et ramener à la bergerie les femelles prêtes à agneler.

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LE BERGER DE L'AUP

Parc National des Ecrins oblige, Jean parcours chaque jour 1h30mn de marche depuis le Buissard jusqu'à la cabane de l'Aup.

Durant tout le trajet, il observe les flancs de la montagne afin de repèrer où se trouvent les différents groupes de brebis. C'est indispensable, puisque il va falloir les ramener toutes.

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Arrivé à l'Aup, il prends une collation en compagnie de Sultan, puis observe... observe... observe.

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Des brebis, il y en a partout! A la côte Barbanne, au Cros du Jas du Seigneur, à Mauverney, à Font Froide...

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LE BERGER DE L'AUP

Bergers, proches et amis se partagent la montagne pour aller chercher les groupes de brebis dispercés.

C'est digne d'une randonnée, avec toutefois un objectif qui pousse à un rythme soutenu.

Allez, c'est partit! Jean prend la direction du fond du vallon, là où Colette et René sont déjà à l'oeuvre depuis les premières lueurs du jour.

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Sur le trajet, Sultan a repéré une bête isolée. Elle est blessée. Patte arrière gauche cassée. Probablement suite à un ébouli, prétend Jean.

Du coup, il la prend en charge en la ramenant à l'enclot. Plus tard elle sera transportée à la bergerie.

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A 1900m. d'altitude, ombres et lumières, névés et verdure. Jean dans son monde à lui!

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Il prend la direction des derniers névés subsistants, là où se trouvent une partie des bêtes.

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René était déjà là, et avec Jean il rabattent le troupeau en direction du passage le plus adéquat pour les redescendre.

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Et les groupes de brebis se rassemblent et grandissent en approchant du torrent de Navette, épine dorsale du vallon.

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Des colonnes de brebis, des concerts de sonnailles. Il faut vraiment vivre ça!

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Jean, les brebis, la montagne de l'Aup, l'Olan. Tout un monde!

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Toujours à l'affus, Jean repère un groupe de huit brebis qu'il faudra aller récupèrer.

Rare expression d'aujourd'hui, les walky talky s'avères très utiles dans ces moments là.

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L'Aup, Mal Cros, le berger et son chien. La montagne porte l'esprit de Jean qui en connait tous les recoins.

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Nous arrivons maintenant à l'enclot, et la totalité du troupeau se retrouve enfin.

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Fin de matinée, c'est l'heure d'une pose mérité, mais nos amis ne peuvent s'empêcher d'observer les bêtes encore libres. Il faudra bien les ramener, alors métier oblige, j'observe, j'observe, j'observe.

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LE BERGER DE L'AUP

Puis vient l'heure de quitter l'Aup, la cabane et les alpages pour prendre la direction de Fourronnière, là où le troupeau sera trié.

C'est toujours un moment émouvant que de laisser derrière nous cette cabane qui vit très fort dans nos coeurs.

L'Aup, Jean et ses brebis de toujours. Une image éternelle!

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Il faut y aller. Le troupeau prend naturellement la direction du retour.

 

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Et toujours ce regard attentif: un coup d'oeil à droite, un coup d'oeil à gauche. N'oublier aucune bête.

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Le "serpent JG" file droit vers le bas vallon en bêlements et sonnailles.

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Jean et ses brebis, depuis toujours...

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Arrivée à hauteur du pont de la cascade de la Pisse.

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Le troupeau s'éfile en serpentant, laissant derrière lui un des plus bel endroits du Valgo.

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Quelques passages étroits. Les bêtes provoquent des éboulis de pierres.

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Ca y est! Nous voilà "en bas". Le lit du torrent c'est bien calmé depuis le printemps.

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Cette brebis à la patte à vif. 45kg sur le dos, je peut vous dire que c'est dûr à trimballer.

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Jean et le troupeau au grand complet.

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Nous sommes arrivés à Fourronnière. Maintenant c'est l'heure de trier les bêtes.

Les brebis arrivent à l'enclot. Elles sont parquées selon un circuit qui permettra leur tri.

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La ronde des brebis, pour un retour soit aux Costes soit aux alpages.

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Elles passent en file indienne par un resserrement qui permet de les placer soit à droite soit à gauche selon qu'elles sont prettes à faire ou non le petit. Il se fait tard. C'est le dernier travail de la journée. Les femelles à redescendre à la bergerie passeront la nuit ici, les autres sont relachées dans les alpages.

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LE BERGER DE L'AUP

La première étape du démontagnage se termine par une transhumance/retour direction le hameau des Costes.

Deuxième jour au petit matin. Les bêlements et sonnailles des brebis réveillent le vallon encore froid de la nuit.

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Le même trajet qu'au mois de mai lors de la transhumance, inversé.

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Ca fait drôle de traverser les villages et les ponts dans l'autre sens. Il y a comme un parfun de...

c'est fini!

Mais ce n'est pas fini...

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La deuxième étage du démontagnage consiste à redescendre le restant du troupeau, et c'est pas toujours sans peine... Nous sommes début octobre, et la saison des alpages est terminée.

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Le départ: A hauteur de Buchardet, grimpette pénible de la côte Barbanne jusqu' à hauteur du Seylas. Nous nous trouvons maintenant plus haut que la cascade. Jumellage en direction du Jas du Seigneur.

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Les pentes de Barbanne sont... pentues! Sept bêtes ont été ramenées. sept!

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Arrivé à la cabane, le soleil nous rejoint enfin! C'est un moment de grace en ces matins qui gèlent les doigts... Puis, ne croyez pas que c'est le moment de la pose, nous repartons de suite sur les hauteurs de Font Froide et du Jas du Seigneur... toujours à la recherche d'éventuelles bêtes.

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Pendant ce temps, Jean a rassemblé le gros du troupeau, qui se trouvait au fond du vallon, au pied de Mal Cros.

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Le torrent de Navette. René tente d'approcher une brebis qui vient de se casser une patte. Patience, douceur, humilité, il parvient à la métriser.

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Le plus pénible est pour maintenant. Il faut remonter la bête jusqu'au chemin de randonnée, qui nou ramènera jusqu'à Buchardet.

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La brebis est très fatiguée. Jamais elle ne se plaindra. Mais ça se voit à sa tête tombante, sans force... René plein d'attentions!

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Une journée au vallon se termine. Mais, voilà, c'est la dernière de la saison. Les alpages, c'est fini!

Au revoir le Jas du Seigneur, au revoir la cabane de si bons souvenirs, merci René, merci Jean pour cette extraordinaire saison en votre compagnie à l'Aup!

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La cabane se retrouvera seule pour passer l'automne...

... et s'endormira sous un épais manteau hivernal.

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Commentaires (6)

1. Romane PIEL 25/12/2008

Brigitte a raison, la nature nous offrira peux être une meilleure saison l'an prochain .. En espérant y participé cette fois ci ..
Merci a toi Mitch pour ton merveilleux sîte, merci a Brigitte pour sa gaieté, ses chants, ainsi que la famille Galland et leur entourage ..

2. Chantal 30/10/2008

Bonjour à tous,
Voilà quelques jours que je n'étais pas venu sur ton site, Michel! et quelle surprise ! La brebis accidentée... est à... mon père (à la première photo, j'ai reconnu les clavettes en cornes (clavette=lien entre le collier et le cuir de la sonnette)et l'étoile rouge sur les épaules de la bête typiques à notre troupeau), on n'espérait pas la revoir comme les six autres qui nous ont manqué cette année, dure saison pour mon père...
Je tiens à remercier René et tous ses bras forts qui ne ménagent pas leur peine quand il s'agit de redescendre les dernières bêtes avant la mauvaise saison (en avance cette année) et leur épargner la loi mortelle des hivers en montagne. Je te remercie toi Michel qui me permet d'avoir du soleil et des couleurs sur mon ordinateur alors que dehors en ce 30 octobre le blanc est bien décidé à envahir tout le paysage. Et enfin, je te remercie toi Brigitte pour nous secouer un peu quand le moral prend la couleur du temps.
Tu sais Michel, les frais de ton site devrait être remboursés par la sécu car côté thérapie on fait pas mieux.
Bisous

3. Brigitte Le Toumelin 27/10/2008

Non Michel, Non Chantal...Rien n'est terminé...Une page se tourne, c'est tout...Une saison se termine, une autre commence...Laissons la nature reprendre des forces pour nous offrir encore et encore les magnifiques paysages dont nous ne nous lasserons pas...Si l'hiver n'est pas trop rude peut être viendrons nous à la cabane en raquettes à Noël...sinon, nous y reviendrons au printemps prochain et nous verrons avec le même plaisir l'Olan s'allumer de mille feux sous les rayons printaniers, et nous compterons encore les étoiles dans le ciel de l'été, et nous admirerons encore les chamois, nous nous délecterons toujours de l'image du troupeau descendant les pentes du Jas du Seigneur, nous entendrons longtemps encore le bruit des sonailles auquel le chant du torrent fait écho, nous marcherons dans les pas de Jean qui fera en 2009 son 56ème emmontagnage vers la cabane de l'Aup....et vous serez toujours les bienvenus...Et si on recommençait tout simplement par une fête de la transhumance en mai prochain...Peut être même que nous aurons du soleil!!!! En tout cas, il brillera au fond de nos coeurs...et chantera au bord de nos lèvres....Merci à tous les amis qui nous ont accompagné au cours de toutes les journées et toutes les nuits à l'Aup. Merci à René et Colette. Merci à Jean. Merci à toi Michel pour ton magnifique reportage...Et Chantal, continue à emmener tes gosses dans ce vallon magnifique...faudra bien qu'un jour,ils accompagnent mes petits enfants...Quand je serai trop vieille pour enfiler les chaussures de randonnées et pour monter en moins de deux heures à la cabane!!!! Bisous à vous tous, amis du vallon de Navette...et à bientôt!!!

4. Rachel, Jérome, Léa Tarn 09/10/2008

super, super, super!!!!!!
Nous attendons la suite.
merci beaucoup.

5. René 07/10/2008

bravo michel
grand grand bravo
et surtout merci beaucoup
merci

6. Chantal 09/09/2008

Merci Michel, merci. Tel un chamois tu as su te fondre dans le paysage pour capturer chaque image, chaque bruit, chaque odeur qui font de ce vallon "notre" paradis. Hélas une pointe d'amertume s'insinue doucement en nous car comme tu le dis, le chemin se fait en sens inverse et l'approche de la" mauvaise" saison étend son ombre sur nos coeurs. Cet automne plus que tout autre est magnifiquement triste dans sa verdure tardive car pour moi il est le dernier. La vie étant ainsi faite, il n'y aura plus d'emmontagnage et de désamontagnage avec mon père et ma soeur, seuls le souvenir de les avoir pratiquer pendant 14 saisons,le bonheur d'avoir pu faire connaître ces joies à mes enfants et la certitude que "j'ai tenu entre mes mains quelques instants d'éternité" me réconfortent. Heureusement il y aura encore, et pour longtemps j'espère , le troupeau de René et Colette... et ton merveilleux site Michel.
Merci Michel, Merci.

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